dimanche 20 janvier 2013

Manifeste du PCN-Québec

Voici le manifeste du PCN-Québec (Parti communautaire-national européen), une organisation nationaliste-révolutionnaire basée en Belgique. Le texte est intéressant et se rapproche du solidarisme même si le PSF et le CSQ ne partagent pas toutes ses positions.
 
 
Le Forum du PCN au Québec, le Forum de tous les militants québécois qui veulent un Québec libre !
Mission
MANIFESTE DU PCN-QUÉBEC

Le Québec, province de la Grande-Europe …
L’indépendance politique et culturelle du Québec ne sera garantie que par l’Europe-puissance !

1/
Le combat du PCN (Parti communautaire-national européen) pour la libération nationale et sociale du Québec des griffes de l’impérialisme anglo-canadien et pour le retour de la Nouvelle-France dans le giron européen. Nous prônons la création de la RÉPUBLIQUE D’EUROPE, la Grande Nation de Vladivostok à Reykjavik et du Québec au Sahara, seule alternative à l’anti-civilisation yankee destructrice des nations et des cultures.

2/
Le Québec est l’héritier de la Nouvelle-France conquise par la monarchie impérialiste anglo-saxonne en 1760 et les Communautaristes européens du PCN entendent bien réparer cette tragédie en rattachant cet AVANT-POSTE DE L’EUROPÉANITÉ face au monde impérialiste anglo-saxon à la Grande Nation-Europe. Le PCN n’endosse nullement l’abandon de la Nouvelle-France par la monarchie française, le Consulat ou le Premier Empire, et ne reconnaît pas la validité des traités signés par l’Ancien Régime.

3/
C’est donc aussi une RÉVOLUTION DE L’HISTOIRE que nous entendons réaliser et nous proclamons le devoir et l’obligation de la Grande Europe à défendre le peuple du Québec face aux agressions des colonialistes anglo-canadiens. L’Europe populaire de demain se devra de réparer les injustices et les lâchetés des régimes du passé.

4/
L’heure de la libération du Québec du cruel joug anglo-saxon après 250 ans de domination et de tentatives continues d’assimilation est arrivée. Pour mener à terme notre combat de libération nationale, NOUS AVONS BESOIN D'UNE ALTERNATIVE CLAIRE ET PRECISE, POLITIQUE, IDEOLOGIQUE ET ORGANISATIONNELLE, ce qui fait défaut cruellement en ce moment.

5/
La situation tragique du Québec est le résultat de LA FAILLITE POLITIQUE ET IDEOLOGIQUE DES PARTIS USES DU SYSTEME CANADIEN. Le « Parti Libéral du Québec », qui est au pouvoir depuis avril 2003 sous le règne du premier ministre Jean Charest, est un défenseur acharné de l’unité canadienne et donc de l’oppression de la nation québécoise. Le « Parti Québécois », qui représente l’opposition officielle et qui se prétend « indépendantiste et nationaliste », ne fait rien pour promouvoir le combat pour la libération nationale et sociale du Québec et est un adepte du libre-échange avec le Canada anglais et les États-Unis ainsi que des politiques néolibérales. Ces deux partis sont au service du capitalisme libéral, exploiteur et apatride. Quant au « Parti Québec Solidaire », expression de l’unité de la «gauche» réformiste et multiculturelle et infesté de trotskystes, de gauchistes et de pseudo-socialistes, il ne représente rien de plus qu’une tentative de regénérer la social-démocratie sans remettre en cause le fonctionnement du capitalisme. Il ne peut y avoir de véritable patriotisme sans socialisme, tout comme il ne peut y avoir de véritable socialisme sans le cadre protecteur de la Nation, de l’État et de la République.

6/
Depuis quelques années au Québec, nous assistons à une remontée du sentiment patriotique. La crise autour des fameux «accommodements raisonnables», qui a fait rage en 2007, a grandement favorisé cette résurgence du patriotisme dans la « Belle Province ». Ce débat a été alimenté par des intégristes religieux et ultra-réactionnaires, hostiles à la laïcité moderne, et qui font tout pour contrecarrer l’intégration des minorités dans la société québécoise, une intégration basée sur des règles de vie commune. Le peuple québécois qui lutte avec acharnement pour sa libération nationale contre la domination anglo-saxonne depuis deux cent ans, s’est senti assiégé par cette avanlanche de revendications obscurantistes, comme le refus des piscines mixtes par des femmes musulmanes ou l’obligation de givrer les fenêtres d’un gymnase pour ne pas offenser des juifs hassidiques, et la réaction populaire a été très vive, avec raison d’ailleurs.

7/
Pour tout patriote qui se respecte, LA MULTIPLICATION DES SIGNES RELIGIEUX DANS L’ESPACE PUBLIC EST INACCEPTABLE ET INTOLÉRABLE. Les Québécois ont bien souffert dans le passé de la domination de l’Église Catholique et ne veulent surtout pas qu’une situation similaire fasse résurgence. Les pratiques et coutumes religieuses n’ont pas à être prohibées, que ce soit celles de la majorité ou des minorités ethniques, mais elles doivent demeureur dans la sphère privée et ne pas empiéter sur l’Espace public et les institutions publiques. Le Québec n’est pas une société anglo-saxonne ou chaque individu est classé dans différentes cases ou catégories. LE QUÉBEC CE N’EST PAS YANKEELAND ! Le multiculturalisme anglo-saxon dont le but est de faire disparaître progressivement la langue et la culture française en Amérique doit être combattu vigoureusement et sans relâche.

8/
Nous n’oublions pas dans notre combat nos frères et soeurs francophones qui vivent au Canada anglais et qui mènent un dur combat au quotidien contre l’assimilation et le non-respect de leurs droits nationaux et linguistiques. Nous réclamons le retour du LABRADOR, injustement spolié au Québec en 1927 au profit de Terre-Neuve, ainsi que le rattachement de L’ACADIE au Québec en guise de réparation de l’horrible déportation infligée aux Acadiens par les soldats du roi d’Angleterre en 1755 dans le but de détruire ce peuple fier et combatif. La survie de la nation francophone sur ce continent anglo-saxon ne pourra être assurée sur le long terme que par la Grande-Europe unifiée et communautaire, dont la PROVINCE DU QUÉBEC LIBRE, laïque et socialiste constituera une région autonome et librement associée.

9/
Pour la défense de l'identité québécoise et française, de sa langue et de sa culture tout en étant ouvert sur le monde! Par l'intermédiaire de l'appartenance du Québec à la Très Grande République européenne ! Non au masochisme national de l’extrême-gauche et à la xénophobie de l’extrême-droite ! Non à la trahison des partis usés du Système canadien !

10/
C’est pourquoi le PCN défend la position suivante face à la question québécoise :
- Oui à l’indépendance totale du Québec dès aujourd’hui,
- Oui à l’entrée du Québec dans la Communauté européenne dès maintenant,
- Oui à la garantie de la liberté et de l’indépendance du Québec par l’Armée européenne dès que l’Europe sera libre et indépendante.

11/
Cette position est celle de tous les Communautaristes européens du PCN ! De Vladivostok à l’Atlantique, de Istanbul au rives du Saint-Laurent !Nos frères québécois sont l’avant-garde de l’Europe, leur culture est européenne, leur résistance à l’anti-civilisation anglo-saxonne et américaine est la nôtre. Par la Géopolitique, par l’Histoire, par la Culture, LE QUÉBEC, C’EST AUSSI L’EUROPE!

Le Bureau politique européen du PCN
La Section régionale Québec du Réseau francophone du PCN
(Bruxelles-France-Suisse romande-Québec-Wallonie)

jeudi 17 janvier 2013

Manifeste des Jeunes Laurentiens

Texte nationaliste canadien-français qui a été rédigé dans les années 40 et dont la ligne politique, économique et sociale est très proche du solidarisme.

Manifeste des Jeunes laurentiens

[1944 ou 1945]


L’association des Jeunes Laurentiens est un mouvement qui a pour but de grouper les jeunes Canadiens français et de faire d’eux des patriotes éclairés et actifs.
Fondée à Montréal, en février 1936, par de jeunes patriotes, elle obtient, en mars 1940, des lettres patentes qui la constituent en corporation. Depuis lors, des sections se sont répandues à travers tout le pays.
L’association a pour devise : OSONS!
Elle entend travailler au relèvement économique, social, national, politique de la nation canadienne-française.

Brève déclaration de principes

Les Jeunes Laurentiens sont des catholiques croyants et pratiquants. En toute leur vie publique et privée, ils ne reconnaissent pour lois suprêmes que leur foi religieuse et la morale catholique. Ils confessent que la réalisation de leur programme, même sur le plan temporel, ne va pas sans l'acceptation d'une ascèse fondée sur le catholicisme.
Le Jeune Laurentien tend en droiture à l'action. Toute sa vie, même ses études, sont orientées directement en ce sens.

Programme général

1.- Dans le domaine économique:

Le Jeune Laurentien estime qu'un peuple ne peut rester asservi dans sa vie économique, sans graves dangers pour sa culture et pour sa vie sociale et politique. C'est le rôle naturel et c'est un droit pour un peuple que d'être maître chez soi.
Le Jeune Laurentien estime de même qu'un véritable relèvement économique des siens ne peut s'opérer que par la remise des richesses naturelles de la province de Québec au service de la collectivité. Par des moyens justes mais énergiques, les Jeunes Laurentiens entend que soit révolu, chez nous, le règne de la dictature économique.
Comme action immédiate, dans le domaine économique, l'Association des Jeunes Laurentiens se voue
  1. A la ressaisie du pouvoir de consommateurs des Canadiens français, par la pratique de l' "Achat Chez Nous", et surtout, par l’application du système coopératiste en ses multiples formes;
  2. A la ressaisie de l'épargne canadienne-française par l'encouragement aux caisses populaires, aux compagnies d'assurances et aux mutualités canadiennes-françaises;
  3. A la valorisation de notre capital humain par l'établissement et par la multiplication d'écoles qui non seulement feront cesser l'impréparation technique du jeune employé canadien-français et augmenteront son potentiel de production, mais lui inculqueront la volonté de tenir dans la vie économique de sa province, un rôle de patron ou de maître. 

2.- Dans le domaine social:

Les Jeunes Laurentiens s'inspirent de la doctrine sociale de l'Église catholique. Ils empruntent en particulier leurs directives aux encycliques Rerum novarum et Quadragesimo anno.
Ils se consacrent :
  1. A la restauration de la famille canadienne-française, base de tout notre avenir, en particulier: a) par le retour aux fortes traditions religieuses qui ont fait de la famille de chez nous une famille féconde et puissamment éducatrice; b) par le relèvement du salaire ouvrier, ce qui veut dire, par la disparition de cette iniquité sociale qui contraint l'ouvrier canadien-français ou à fonder des familles infécondes, ou à élever ses enfants selon un niveau inférieur de vie et dans des conditions hygiéniques anormales; c) par une attention toute spéciale accordée à la famille du milieu rural, famille qui constitue le plus fécond et le plus sain réservoir de la race;
  2. Ils entendent combattre, dès maintenant, la violation du repos dominical et les graves abus du travail féminin dans les usines. Ils en appellent, sur ce point capital, à toutes nos autorités religieuses et sociales;
  3. Ils donnent leur appui et leur dévouement aux syndicats catholiques et nationaux, aux oeuvres patronales, à l'oeuvre du logement ouvrier salubre et des Cités-Jardins. 

3.- Dans le domaine national:

Les Jeunes Laurentiens adhèrent à la doctrine et à la mystique nationales définies par M. l'Abbé Lionel Groulx. Ils croient à la mission française de notre peuple et s'engagent à lui fournir les moyens d'accomplir sa haute destinée. En conséquence, ils réclament
  1. Une école d'éducation nationale, c'est-à-dire une école (écoles élémentaires, collèges, couvents, universités) qui arme le jeune Canadien français et la jeune Canadienne française de toutes les puissances de leur culture et qui leur donne la volonté généreuse de s'associer à la mission de leur nationalité;
  2. L'emploi de tous les moyens propres à affirmer, au Canada, dans les Amériques et dans le monde, la personnalité nationale et le vouloir-vivre des Canadiens français, en particulier:
a. Par l'usage fier de la langue française dans tous les domaines de la vie privée et publique;
b. Par la diffusion du drapeau national canadien-français (le fleurdelisé à croix blanche sur fond bleu royal), n'ayant de cesse qu'il ne soit arboré sur tous nos édifices publics, sur le toit de tous nos foyers, sur la poitrine de tous les nôtres;
c. Par la célébration régulière et enthousiaste de la fête de Dollard, de la Saint-Jean-Baptiste, en particulier de la Saint-Jean-Baptiste des Jeunes, dans tous les villages ou hameaux du Canada français;
d. Par l'embrigadement poussé à fond dans les sociétés patriotiques et par l'élimination progressive des sociétés suspectes qui anglicisent les Canadiens français en ne leur apprenant que le neutralisme national;
e. Par une prise de conscience plus vive de la mission du Québec, dans le Canada français, dans l'Amérique française, et dans tout le bloc latin du continent;
f. Par l'appel à la jeunesse féminine à seconder, dans toute cette croisade, l'effort de la jeunesse masculine;
g. Par la substitution du journal d'idées au journal de papier, c'est-à-dire par la diffusion de la bonne revue, surtout de Relations et de l’Action Nationale, par propagande en faveur du bon journal, tout spécialement par la diffusion du quotidien Le Devoir et Le Droit, les plus fiers champions de la cause canadienne-française;
h. Par la résurrection des souvenirs historiques du petit pays;
i. Par l’encouragement aux écrivains et aux artistes canadiens-français. 

4.- Dans le domaine politique:

Parmi les groupes de jeunesse, les Jeunes Laurentiens assument cette originalité de ne pas se refuser à l'action politique.
Ils revendiquent, pour tout le Canada, l’évolution politique qui lui permettra de jouer pleinement son rôle parmi toutes les nations du monde.
Ils revendiquent, pour chaque province, la pleine autonomie dans le cadre de la constitution fédérative, et même, si nécessaire, la suppression par des moyens constitutionnels de toute entrave au libre développement économique, social ou national d’une province.
Pour parvenir à ces fins, les Jeunes Laurentiens s'engagent à réclamer et à préparer
  1. L'établissement d'une nationalité exclusivement canadienne;
  2. L'élection au parlement fédéral, d'une députation qui ramènera la politique canadienne dans la tradition canadienne, au service des intérêts canadiens d'abord et par-dessus tout;
  3. L'avènement dans chacune des provinces d'un gouvernement de bien commun, libre de toutes les servitudes partisanes et de tous les despotismes financiers, reconnaissant des droits égaux aux deux groupes majoritaires du pays, tel que pratiqué dans le Québec;
  4. Les Jeunes Laurentiens réclament pour le Québec une " politique de coordination de tous les facteurs de la vie nationale ", et pour y parvenir, la formation d'un "Conseil économique", recruté parmi notre élite et qui soit une aide précieuse à nos dirigeants;
  5. Les Jeunes Laurentiens entendent appuyer entièrement ceux qui travaillent à l'instauration d'une politique vraiment "nationale". Ils collaboreront de toutes leurs forces avec tous ceux qui énonceront et réaliseront leur idéal politique et national tel que décrit dans ce manifeste.
En résumé, les Jeunes Laurentiens adressent leur appel à toute la jeunesse du Canada français. Ils la convient à l'action pratique sur tous les terrains, pour une ressaisie profonde de l'âme canadienne-française pour une VÉRITABLE RENAISSANCE NATIONALE, pour l'avènement d'un QUÉBEC LIBRE DANS UN CANADA LIBRE!...
A la jeunesse de vouloir ce que Dieu veut ?
Dieu et Patrie...
OSONS!..

Source: Archives du Centre de recherche Lionel Groulx. Transcription par David Rajotte