mercredi 19 juillet 2017

Lutte des classes ou lutte symbolique?

Article publié sur le site de Benedikt Arden www.rebellium.info et qui remet en question la tactique du vandalisme dans le cadre de la lutte contre la gentrification.


Lutte des classes ou lutte symbolique?


Le sujet fait polémique et les occasions n’ont guère manqué, car au moins 4 ou 5 fois par année à Montréal nous apprenons qu’un commerce se fait vandaliser en raison de cette question. J’ai bien sûr eu l’occasion de polémiquer sur le sujet à plusieurs reprises, mais je n’avais jamais perçu ce débat autrement que comme une erreur tactique due au manque d'expérience de certains militants trop épris de sensations fortes. Comme ces polémiques ne me semblaient pas particulièrement sérieuses et que celles-ci sont presque exclusivement internes à la gauche[1], je n’ai jamais cru bon d’en faire un article. Mais depuis la dernière « action directe » à l’encontre de l’épicerie 3734 du quartier St-Henri[2] en mai dernier, j’ai commencé à accepter l’idée que cette pratique devait réellement être considérée par bien des gens comme étant une bonne chose, car de plus en plus soutenu par des textes[3] se voulant sérieux. Malgré le fait que ce genre « d’action directe », en plus d’être nuisible sur le plan de la politique traditionnelle[4], soit totalement erronée du point de vue de la lutte des classes. Donc cette fois, je me dois de m’incliner devant l’actualité et revenir sur cette question qui me paraissait pourtant si simple il y a à peine 10 ans, mais qui se trouve à être aujourd’hui un vecteur de confusion chez ceux qui cherchent à s’attaquer à ce qui engendre l’injustice.

Mais d'abord, revenons aux faits. La lutte contre la gentrification n’est pas vieille, mais est tout de même le produit d’un processus qui lui est visible depuis plusieurs décennies. Pour faire court, disons que plusieurs quartiers ont historiquement été bâtis ou peuplés par les masses ouvrières dans les périodes d’industrialisation (pour Montréal, c’est surtout au court de la fin du 19e siècle). Ces secteurs pauvres, par définition, étaient bâtis pour être clairement distincts et séparés des secteurs bourgeois, pour des raisons que vous connaissez sans doute déjà. Après la Seconde Guerre mondiale, l’occident tout entier connut une croissance économique fulgurante (les Trente Glorieuses), ce qui, avec le concours d’une industrialisation accélérée, fit émerger chez nous une nouvelle élite francophone et une large classe moyenne. Cette industrialisation donna le coup de grâce au modèle de société rurale ultramontaine et fit augmenter de beaucoup la population urbaine, encore majoritairement pauvre. Le centre-ville de Montréal ayant à cette époque un très haut niveau de criminalité[5], c’est surtout les banlieues qui profitèrent de l’essor de ces années de croissance. C’est donc à partir de la génération suivante[6] que ce retour en ville de gens plus ou moins aisés fût initié. De manière modeste, il est vrai, ces nouveaux arrivants souhaitaient d’abord profiter de la baisse de la criminalité et des bas loyers, afin de se placer près du centre-ville, où les emplois avaient tendance à se centraliser[7]. On doit aussi ajouter à ces considérations que les divers paliers de gouvernement ont mis en place plusieurs plans de réaménagement urbain pendant les années 80, afin d’inciter de potentiels nouveaux arrivants[8] pour ainsi profiter des taxes que cet exode des banlieues et des régions pouvait engendrer.

C’est surtout à la fin des années 90 que ce que l’on appelle aujourd’hui « l’embourgeoisement des quartiers populaires » se fit le plus sentir, avec la troisième génération : les Y. Cette génération reconnue pour sa tendance artistique, son ouverture sur le monde et son côté passablement bohème fût le socle de ce que les Français, et nous par la suite, appellerons les « bobos », ou « bourgeois bohèmes ». Cette nouvelle classe sociale, sans être vraiment bourgeoise au sens strict du mot[9], est par contre friande du mode de vie urbain, de culture, des produits du terroir et d’écologie. C'est pourquoi les commerces du genre épicerie fine, produits équitables et boutiques/restaurants/bars thématiques et/ou artistiques ont émergé de cette population même, au cours des années 2000. Enfin, le terme de « bobo », d'ailleurs issu du vocabulaire de l’extrême droite française[10], définirait des citoyens qui se veulent engagés socialement, mais qui ne voudraient pas trop sacrifier de leur confort et qui donc se limitaient aux éléments surtout esthétiques (et consommables) du progressisme. Ce terme, comme vous l’avez compris, est évidemment péjoratif et a surtout pour objectif (pour la gauche) d’afficher le mépris des militants de terrain envers la « petite bourgeoisie[11]urbaine ». Les fameux « young urban professionals » diront certains.

Évidemment, l’espace de ces quartiers étant limités et le libre marché étant de rigueur dans notre civilisation néolibérale, les premiers quartiers embourgeoisés ont vite débordé sur les autres et de fil en aiguille, les quartiers défavorisés ont vite fait place aux quartiers « branchés » et les prix des loyers ont de ce fait explosé en peu de temps. Sauf exception de quelques îlots majoritairement composés de personnes issues de l’immigration, qui ne tarderont probablement pas non plus à suivre cette tendance. Évidemment, il y a encore peu de temps, il ne venait à personne de la gauche radicale de blâmer les « bobos » pour ces conséquences indirectes et même qu’il était reconnu que la base sociale de cette population était l’une des composantes de cette gauche radicale. À cette récente époque, la gentrification était surtout associée à une conséquence du néolibéralisme, qui réfute toutes organisations sociales et qui devait être combattu comme telle. Mais par un étrange processus, certains militants en sont aujourd’hui venus à blâmer les petits commerces de ces quartiers, comme principale source de l’effet pervers qu’occasionnent le « libre marché » et le néolibéralisme.

Or, il est pourtant notablement facile à intégrer que la concurrence entre multinationales est un mythe aussi « rationnel » que la résurrection du Christ ! Cette collaboration entre les divers acteurs du capitalisme engendre ce que Lénine dénonçait déjà en 1916[12], soit les cartels et les monopoles industriels. Groupes multiples, mais, à l’instar des leurs homologues du crime organisé, capables de s’entendre sur les prix et les pratiques commerciales. Ces cartels ayant de longue date colonisé les centres commerciaux, les jeunes entrepreneurs sont contraints la plupart du temps[13] aux commerces de « niches ». Soit le commerce dont les produits ont une survaleur non économique, comme le commerce équitable, écologique, biologique et de luxe. De cette façon, les commerçants peuvent utiliser l’éthique (dans le cas des produits équitables, bio, etc.) des habitants du quartier pour concurrencer les grandes bannières. C’est d’ailleurs l’un des points d’attraction qu’ont ces quartiers chez cette classe « bobo », comme je l’ai déjà mentionné. Et ceci, sans compter que ce type de pratique commerciale était depuis longtemps pratiquée par les communautés issues de l’immigration avant d’être imitée par ces populations.        
    
En plus du commerce, il y a de plus en plus de condos dans ces centres. Et là, on nage en terrain un peu plus connu, car la lutte contre la gentrification était auparavant centrée sur cette question. Mais comme pour le commerce, les habitations de ce type suivent les demandes de cette nouvelle population, car pour un grand nombre de ces Y, les logements locatifs sont perçus avec raison comme de l’usure. C’est pourquoi un grand nombre d’entre eux sont amenés à quitter leur ancien logement locatif (dont l’entretien est souvent négligé afin d’en augmenter les profits) pour aller se trouver un endroit dont la responsabilité leur revient. C’est d’ailleurs de cette façon que les quartiers avoisinants se font coloniser par cette population. Soit en quittant un logement souvent trop cher, pour emménager dans un condo dans un quartier moins cher (ce qui contribue évidemment à en augmenter le coût global). Comme pour le commerce, c’est souvent en passant par des pratiques responsables sur le plan individuel que les effets gentrificateurs se font le plus sentir et il n’est guère pertinent de juger les gens qui font ces choix, car, sauf à vouloir attendre le grand soir de la révolution sociale, ceux-ci ne peuvent choisir qu’entre ces deux types d’habitations. Les logements sociaux étant bien évidemment réservés aux familles les plus pauvres.

À partir de maintenant, le décor est planté et il nous est déjà possible de voir ce qui cloche dans « l’action directe » de nos militants anti-embourgeoisement. Selon les dires de leurs défenseurs, il ne serait pas question de nier la bonne conscience progressiste des acteurs de ce problème, mais de leur faire comprendre (par des actes bien peu diplomatiques) qu’ils rendent la vie impossible aux premiers habitants (les pauvres) de par leurs trains de vie sardanapalesque (bio, équitable, etc.). D’après Fred Burrill[14], il ne serait pas non plus question de justifier la présence des multinationales, mais de simplement reconnaître qu’ils offrent les produits dont les pauvres auraient besoin (McDonald, Dollorama, Insta-Chèques, dépanneurs à bière, prêteurs sur gages, tavernes à machine à sous, etc.). Pour les logements, l’argumentaire est passablement le même, soit ne pas vanter le système locatif classique, même si tacitement soutenu, tout en réclamant des logements sociaux, car l’accès aux condos ne serait pas envisageable pour cette population.        

La première chose que l’on note dans cette rhétorique, c’est que malgré son « ni-ni »[15], il y a quand même des effets qui se démarquent clairement en faveur de l’une des parties, car ceux qui en font les frais sont bien sûr les plus faibles des deux. Il est, comme vous savez, beaucoup plus facile de s’attaquer aux petits commerces et aux habitations que de faire grand tort aux franchises de multinationale et aux rentiers du logement des beaux quartiers. Ensuite, ces attaques se veulent surtout « symboliques » et, de ce fait, visent les commerces ayant surtout une « apparence bourgeoise » et ceci sans vraiment tenir compte de ce que signifie le concept de « bourgeoisie ». Ces commerces « d’apparence bourgeoise » sont, comme nous l’avons vu, basés sur la survaleur non économique pour exister, mais comme ils ne sont pas le fruit d’un choix véritable, mais d’une nécessité issue du cadre économique néolibéral actuel, et que, de surcroît, il soit basé sur des offres de consommation se voulant généralement plus responsables[16]. Il est difficile de ne pas y voir un support objectif au commerce le plus immonde qui existe, soit le commerce de la pauvreté. Car, si cette industrie offre, il est vrai, des produits de consommation plus abordables aux « consommateurs pauvres », celle-ci le fait bien évidemment sur le dos des « travailleurs pauvres », qui (sans parler des esclaves du tiers monde) sont bien souvent la même personne !

Car le commerce de la pauvreté est un cercle vicieux où le travailleur pauvre et le consommateur pauvre sont souvent le même, mais où le second (par schizophrénie sociale) ne respecte pas l’intérêt de classe du premier. Donc répudier le commerce « bobo » est une façon de valoriser l’intérêt du consommateur pauvre au détriment de son intérêt de classe, en tant que travailleur pauvre. Car le niveau de retombée économique de ce genre de commerce est incontestablement supérieure d’avec celui des Walmarts, Dollorama, etc[17]. Par ailleurs, il n’est pas ici question de prétendre, comme le font les néopoujadistes, qu’il y aurait une différence de nature entre petit et grand commerce et qu’il faille revenir aux petits commerces d’antan pour plus de justice. Mais de démontrer que de combattre le petit commerce de niche revient à montrer que l’on ne comprend pas du tout le monde dans lequel on vit et donc que l’on n’est aucunement en mesure de se battre pour l’améliorer concrètement. Comme vous le savez surement déjà, les multinationales ont depuis longtemps compris que leur intérêt était de séparer l’égoïsme du consommateur de son intérêt de classe en tant que travailleur(se), car le premier est le pire ennemi du second. Mais de voir des militants se revendiquant de l’anticapitalisme ne pas voir cette évidence, relève de l’exploit ! Et je ne parle pas de toute la vanité avec lequel ces analystes du dimanche vantent leurs analyses « macroéconomiques » uniquement composées de consommateurs et de commerces !  

Encore une fois, je ne prétends pas que le petit commerce serait la voie du socialisme, mais bien de souligner que le petit commerce engendre beaucoup plus de retombées à l’ensemble du peuple (et donc des plus pauvres) que toutes ces grandes bannières qui appauvrissent le peuple tout en s’en nourrissant. Il est donc absurde de croire que de combattre le commerce de niche (souvent local et écologique), en évoquant le pouvoir d’achat des classes les plus défavorisées, quand celles-ci engendrent objectivement plus de richesse et d’emploi que les grandes chaînes. De plus, il est patent de voir que toute cette question évacue le problème central qu’est la question du revenu ! Car c’est précisément la logique d’optimisation du capital variable[18] qui engendre la pauvreté extrême et non pas le prix des objets de consommation. De ce point de vue, il est certes pertinent de dénoncer l’embourgeoisement artificiel des grandes villes par les politiciens et les entrepreneurs, mais pas au prix d’un irresponsable combat contre la basse classe moyenne. La seule chose utile à faire (hors de la politique et de la révolution, qui n’est pas à l’ordre du jour), si l’on tient à cœur l’intérêt des classes pauvres, est de lutter pour l’augmentation des salaires[19] (et/ou le salaire minimum à vie[20]),l’augmentation des services sociaux ainsi que tous autres types de pression contre les mesures d’austérité. Et ceci, tout en revendiquant plus de logements sociaux, comme le fait le FRAPPU depuis longtemps. En dehors de ces actions concrètes, la guerre au capitalisme reste le point fixe de notre horizon. Mais de se laisser aller vainement à une lutte de classe factice entre sous-prolétariats et classe moyenne urbaine, autrement-dit entre ceux qui peuvent se payer des saucisses bio ou pas, relève d’un confusionnisme tout à fait détestable.

Benedikt Arden (août 2016) 





[1] Toutes les tendances de droite sont évidemment unies pour condamner ce genre d’action.
[4] Rares sont les citoyens de ces quartiers et de l’ensemble de la population qui approuvent ce genre d’action, même si certains en comprennent les motivations et aucun parti de gauche ne s’en revendique. Ces actions ont donc comme seul effet de donner du grain à moudre aux démagogues réactionnaires et faire bifurquer les débats centraux, vers ce genre d’évènements.
[5] Dû pour une bonne part à l’augmentation de la population de jeunes, la hausse de la richesse générale (autrement dit, des magots), ainsi qu’à l’effondrement de l’influence de l’Église. http://classiques.uqac.ca/contemporains/cusson_maurice/cycles_criminalite_securite/cycles_criminalite_securite_texte.html#cycles_criminalite_2_3
[6] La génération X pour faire simple.
[7] Les années 80-90 se caractérisent par un déclin de l’industrie des secteurs premiers des régions, d’une hausse du prix de l’essence et d’un centralisme métropolitain issu des mécaniques de la nouvelle mondialisation économique, qui culminera avec l’ALÉNA.
[8] Immigrants d’autre pays comme d’autre région ou de ville.
[9] Cette classe est souvent issue du salariat des services gouvernementaux (hôpital, école, fonction publique, etc.) et du haut tertiaire (sièges sociaux, gestion, publicité, technologie, etc.) et non pas des propriétaires de moyen de production. 
[10] D’abord utilisé par le philosophe Michel Clouscard dans les années 70, le terme fût repris par Alain Soral dans les années 90, puis popularisé dans le langage de l’extrême droite dans les années 2000.
[11] J’emploie ce terme ici au sens que ces militants l’utilisent et non dans son sens exact.
[12] L'impérialisme, stade suprême du capitalisme
[13] Exception faite des nouvelles technologies.
[15] Ni l’un ni l’autre.
[16] Il est vrai que le commerce équitable n’est pas toujours si équitable, mais une grande partie des produits locaux le sont incontestablement.
[17] Via une interprétation plus réaliste du principe libéral du « ruissellement des richesses ».
[18] L’on doit mettre de côté la question des personnes assistées sociales, qui sont une autre question.
[19] Comme dans le cas de la très pertinente campagne de 15plus.org

source de l'article: http://www.rebellium.info/2016/08/lutte-des-classes-ou-lutte-symbolique_3.html

dimanche 10 juillet 2016

Au capitalisme en crise générale une seule alternative: le socialisme!

Déclaration de l'Union des Révolutionnaires Communistes de France sur la crise du capitalisme et l'impossibilité de le réformer. On peut trouver leur site web à l'adresse suivante: http://www.urcf.fr/

Maurice Cukierman 

AU CAPITALISME EN CRISE GÉNÉRALE UNE SEULE ALTERNATIVE: LE SOCIALISME ! 

La victoire temporaire de la contre-révolution n’a pas modifié le caractère de notre époque : c’est celle du passage du capitalisme au socialisme. L’aiguisement de la crise générale du capitalisme dans la dernière période, met à l’ordre du jour pour les communistes la nécessité de poser la question de la révolution nécessaire pour renverser le capitalisme devant la classe ouvrière et les masses, et de définir leur stratégie en fonction de cet objectif.

Le capitalisme est obsolète

Le capitalisme a joué un rôle fondamental dans le développement de l’humanité : il a tiré de l’abrutissement séculaire des centaines de millions d’individus, développant les sciences, les forces productives. Mais avec l’émergence du capitalisme de monopoles à la fin du XIXe siècle, ce que les communistes appellent l’Impérialisme, des traits de caractères se sont affirmés qui sont allés en s’accentuant.

C’est tout d’abord la tendance à la guerre, car la grande bourgeoisie (l’oligarchie financière) est en perpétuelle concurrence avec ses semblables pour s’assurer des marchés, le contrôle des matières premières et de la force de travail. Deux guerres mondiales illustrent le propos sans oublier les innombrables conflits locaux. Le développement inégal du capitalisme pousse les uns à vouloir prendre le contrôle, tandis que les autres veulent le conserver. C’est ainsi que la domination des Etats-Unis ne peut masquer leur inquiétude devant leur long déclin. L’accentuation des conflits, provoqués ou utilisés par les principales puissances impérialistes, dans une vaste zone s’étendant de la péninsule arabique au Pakistan, de l’Ukraine au Yémen, de la Syrie à la Somalie et la Libye, en passant par la Palestine, l’Irak et l’Afghanistan, avec des ramifications en Afrique subsaharienne montre bien que le risque de guerre n’est pas une vue de l’esprit. L’impérialisme français est à la pointe en la matière tant par son engagement dans les conflits que par la place qu’y joue l’industrie d’armement (et le commerce qui l’accompagne). Mais si les coffres des monopoles et de l’oligarchie financière se remplissent, pour autant ce type d’activité ne débouche pas sur la création de richesses sociales mais sur la destruction de celles-ci. Pour les bourgeoisies monopolistes, la guerre c’est aussi écarter le risque de la révolution en suscitant le chauvinisme, la collaboration de classe, la division du prolétariat (entre nationalité). La guerre localisée où les différents impérialismes s’affrontent indirectement, y compris quand ils sont « dans le même camp », l’histoire l’a montrée, risque de déboucher sur un conflit général qui pourrait être fatal à l’humanité. Le capitalisme débouche tendanciellement sur la barbarie.

Mais le caractère dépassé de ce système ne se limite pas à cela. Les lois même de développement du capitalisme le rongent comme un cancer. Les contradictions se multiplient. Ainsi le progrès se heurte à la loi du profit. Par exemple, d’un coté on invente l’informatique, on met internet en place, mais de l’autre, on multiplie les obstacles à l’utilisation culturelle de ses outils, en s’opposant à la gratuité de l’accès aux biens, et l’on en réduit l’utilisation au commerce, tandis qu’on en profite pour tenter d’étouffer l’esprit critique, et économiser sur l’Education. Dans la production l’automatisation est freinée, voir gelée, car le travail non qualifié permet une meilleure rentabilisation du capital.

Le taux moyen de profit espéré par les capitalistes s’affaiblit par une accumulation gigantesque de capitaux constants, et du coup les capitalistes tentent de se rattraper par la course à l’augmentation de la masse des profits pour répondre aux besoins de l’accumulation. Mais cela contribue à faire baisser le taux de profit, augmentant l’importance de capitaux qui ne trouvent pas à se placer et se ruent sur la spéculation, l’usure (prêts aux Etats par exemple, mais aussi crise des subprimes), les trafics en tout genre, provoquant un encombrement plus grand encore. Dans le même temps on comprime les salaires, les revenus de la petite bourgeoisie diminuent, et la consommation recule. Si cela augmente les profits des monopoles, en même temps, cela rétrécit le marché et les marchandises (dont la vente permet au capital de se réaliser) ne trouvant plus preneur, s’accumulent. C’est ainsi qu’alors que des centaines de millions de personnes sur cette planète n’ont pas le minimum pour survivre, que l’on procède à la destruction des richesses que le travail a créées. De la même manière que les laboratoires pharmaceutiques cessent la production de médicaments indispensables parce que, dans les pays où l’on en a besoin, on ne peut les payer au prix qu’en veulent les monopoles ! Les progrès des forces productives se traduisent par l’expulsion de centaines de millions de travailleurs de la sphère de la production sociale (et qui ne peuvent y retourner), quand l’augmentation du temps de travail est partout à l’ordre du jour ! C’est la course aux profits, et non le progrès technique, « l’inconscience des gens », qui entraîne le monde vers une catastrophe écologique par la dilapidation des richesses naturelles, la gabegie permanente, l’incapacité à maîtriser la nature.

Craignant que les peuples résistent, la bourgeoisie monopoliste, liquide la démocratie bourgeoise pour mettre en place des régimes technocratiques lui permettant de gouverner sans entrave : partout le parlementarisme est remis en cause, les libertés démocratiques formelles des régimes bourgeois précédents sont remises en cause, ce que montrent aussi bien la loi Macron que la réforme territoriale, que les lois qui dictent le choix de leurs candidats aux partis politiques (la fameuse parité par exemple), ou la négation des élections quand le résultat n’est pas celui attendu (les référendums ). L’Union Européenne est l’instrument de cette tendance à la réaction politique, permettant à la bourgeoisie des pays qui la composent, à leurs gouvernements, d’imposer les choix de l’oligarchie financière en passant par-dessus les peuples et de démolir les édifices juridiques que le mouvement ouvrier a construit par ses luttes. Cela s’accompagne par la montée en puissance des idéologies les plus réactionnaires, l’irrationalisme, l’obscurantisme religieux, la peur du progrès, le repliement sur soi et l’individualisme, le racisme, les obsessions sécuritaires… Le capitalisme aujourd’hui c’est « no futur » pour tous ceux qui n’ont que leur travail pour vivre ! 


vendredi 25 décembre 2015

Élection fédérale canadienne: Rien à gagner pour le Québec!

Voici mon article sur les dernières élections canadiennes qui a été publié dans le numéro 677 de la revue nationaliste sociale française Militant. Son site web se trouve à l'adresse suivante: http://www.revue-militant.fr/.

Élection fédérale canadienne: Rien à gagner pour le Québec!


Le 19 octobre dernier les électeurs et électrices canadien-nes mirent un terme à neuf ans de gouvernement conservateur lors de la dernière élection fédérale. Les conservateurs de Stephen Harper dirigeaient le pays depuis janvier 2006 et avaient même réussi à obtenir un gouvernement majoritaire en 2011. Leur règne a été marqué par des politiques d'austérité, avec de multiples coupures dans les programmes sociaux et les services publics, un soutien sans faille aux guerres de l'Empire américano-sioniste et un alignement total sur les politiques des extrémistes israéliens dirigés par Binyamin Netanyahu. Sous Stephen Harper le Canada est devenu en effet le meilleur allié d'Israël, supplantant ainsi les USA! Au début de l'année 2015, le gouvernement conservateur a adopté, avec le soutien du Parti Libéral du Canada, le controversé projet de loi C-51 soi-disant pour lutter contre le terrorisme, mais qui en réalité ouvre la porte à une attaque en règle contre les droits et libertés. Les pouvoirs des services secrets, notamment en matière d'écoute électronique ont été fortement accrus. Ce projet de loi se rapproche très fortement du tristement célèbre Patriot Act américain. Tout en se réclamant de la droite "chrétienne" morale, Stephen Harper n'a rien fait pour remettre en question le mariage homosexuel adopté en 2005 par ses prédécesseurs libéraux et n'a fait que de très timides tentatives pour restreindre l'avortement qui sont mortes au feuilleton. Un conservatisme qui se résumait donc à la droite économique et militariste!

Il y avait donc beaucoup de raisons pour chasser les conservateurs du pouvoir. Les partis d'opposition comme le Nouveau Parti démocratique (social-démocrate et membre de la IIème Internationale), le Parti libéral, le Parti Vert ont tout fait pour se présenter comme étant la meilleure alternative au néoconservateur sioniste Harper. Au Québec, le Bloc Québécois,  qui détenait la majorité des sièges québécois à la Chambre des communes (parlement québécois) avant d'être balayé par le NPD en 2011, a tout fait pour redorer son blason indépendantiste et se présenter comme étant le meilleur défenseur des intérêts québécois à Ottawa. Le Bloc a beau se prétendre patriotique et indépendantiste, il n'en reste pas moins que c'est un parti mondialiste et libre-échangiste ainsi qu'un grand défenseur de l'avortement et du mariage homosexuel. Sans compter que le BQ a soutenu la guerre en Libye en 2011, à l'instar des autres partis politiques fédéraux.  Sur la question d'Israël, le Bloc Québécois a fait des efforts pour se distinguer des autres partis, mais son chef Gilles Duceppe n'a jamais mystère de sa préoccupation pour la "sécurité" de l'État sioniste! En bref, un parti "nationaliste" au service du Nouvel ordre mondial!

Au départ de la campagne électorale, qui a été la plus longue de l'histoire canadienne, une durée de deux mois et demi, du 2 août au 18 octobre, la normale étant cinq semaines, le Nouveau Parti démocratique avait le vent dans les voiles et certains sondages lui prédisaient une victoire éclatante. Mais avec le temps l'appui à ce parti s'est érodé, entre autres parce qu'il n'arrivait pas à se démarquer du Parti libéral sur le plan du programme. Étant donné que le Parti libéral a longtemps dirigé le Canada, c'est donc un parti majeur de la bourgeoise canadienne, les électeurs ont préféré porter leurs votes sur ce parti en tant que valeur sûre, contrairement au NPD qui n'a jamais été au pouvoir au niveau fédéral. La question du niqab ou voile intégral a nui quelque peu au NPD, notamment au Québec ou ce parti était dominant depuis 2011.  Lors des élections fédérales, contrairement aux élections provinciales québécoises, les gens peuvent voter à visage couvert, ce qui veut dire qu'une femme musulmane peut voter avec son niqab et c'est accepté aussi pour les cérémonies d'assermentation à la citoyenneté.  Les conservateurs par opportunisme électoral ont déclaré vouloir changer la loi pour mettre fin à cette situation, alors que les libéraux et le NPD se sont prononcé en faveur du statu quo.  Les réactions ont été vives au Québec qui a connu des histoires d'accommodements déraisonnables dans le passé, mais c'est uniquement le NPD qui a écopé et qui a perdu une grande partie de ses sièges dans la Belle Province. Ces réactions étaient compréhensibles, mais en même temps il y a eu de la surenchère, en ce sens que la culture et l'identité québécoises ne sont pas menacées uniquement par le port du niqab, loin de là.  Le rejet du catholicisme, qui fait partie intégrante de nos racines, ne contribue en rien à la défense de notre identité. Le niqab, tout détestable soit-il, est devenu une cible facile, un bouc émissaire alors que bien souvent nous ne cherchons pas à valoriser nos racines. Sans oublier que le problème fondamental est celui de l'immigration de masse qui nous est imposée par l'État canadien anglo-saxon dans le but de nous noyer dans un multiculturalisme et un métissage destructeurs.

Le grand vainqueur de cette élection, le Parti Libéral du Canada, qui a remporté 184 sièges sur 338, un nombre suffisant pour former un gouvernement majoritaire, est bien souvent considéré comme étant un contrepoids aux "méchants" conservateurs sionistes et militaristes. Ce portrait est très loin de la réalité. Au sujet du soutien à l'État belliqueux sioniste, les libéraux sont sur la même longueur d'ondes que les conservateurs, à peu de choses près. Le chef du PLC, Justin Trudeau, a multiplié les déclarations d'amour et de soutien envers Israël au cours des dernières années (1) et (2). Le PLC a soutenu la guerre en Libye en 2011, ainsi que les tentatives de chasser du pouvoir le président syrien Bachar El-Assad, sans compter son soutien à l'intervention impérialiste en Afghanistan qu'il a intitié en 2001 quand il détenait le pouvoir. Tel que mentionné plus haut, il a donné son aval au projet de loi "anti-terroriste" C-51, acceptant ainsi le renforcement du contrôle exercé par les services secrets canadiens sur notre vie privée. Pour ce qui est des politiques d'austérité du gouvernement Harper que les libéraux ont dénoncé, il ne faut pas oublier le bilan de ce parti quand il était au pouvoir entre 1993 et 2006 avec les innombrables compressions à l'assurance-chômage, les coupures drastiques dans les paiements de transfert aux provinces qui servent à financer les programmes sociaux et l'utilisation des surplus de la caisse d'assurance-chômage pour éponger le déficit fédéral! Cet argent était destiné à l'amélioration des prestations d'assurance-chômage et il a servi à redorer le blason financier du gouvernement canadien! La seule différence significative entre Harper et Trudeau, est ce que ce dernier sera plus sensible aux demandes et  revendications des lobbys féministes, LGBT et environnementalistes.

Il est imporant maintenant de rappeler, en tant que patriote et  nationaliste québécois, que Justin Trudeau est le fils de Pierre Trudeau Elliott qui a été premier ministre du Canada et chef du PLC entre 1968 et 1984 et qui a défendu une ligne très dure envers le mouvement indépendantiste québécois, allant jusqu'à instaurer la loi martiale en 1970, connue au Québec sous le nom de loi des mesures de guerre, sous le prétexte de deux enlèvements commis au nom du Front de libération du Québec. Justin Trudeau s'est opposé à la reconnaissance de la nation québécoise par le gouvernement Harper en 2006, sachant très bien que ça pavait la voie à la reconnaissance de l'indépendance du Québec (3).  Cette reconnaissance était purement symbolique et n'impliquait aucune reconnaissance officielle du droit du Québec à l'autodétermination, mais le fait de s'y opposer démontre que Justin Trudeau est un Canadien chauvin et antiquébécois de la pire espère. Il est donc un adversaire résolu du mouvement québécois pour l'émancipation nationale et sociale, au moins autant que son prédécesseur et nous ne lui ferons pas de quartier. Cette élection ne fait que prouver une fois de plus que le Québec francophone est une nation à part entière et qu'elle n'a rien à faire dans ce Canada valet de l'empire américano-sioniste.

Richard Chartand
Directeur du Cercle Militant Québécois


(1) https://www.liberal.ca/fr/declaration-du-chef-du-parti-liberal-du-canada-justin-trudeau-a-loccasion-du-jour-de-lindependance-disrael/
(2)https://www.liberal.ca/statement-liberal-party-canada-leader-justin-trudeau-situation-israel-gaza/
(3) http://lautjournal.info/20151016/justin-trudeau-digne-heritier-de-pet

dimanche 13 septembre 2015

La Russie, pierre d'achoppement du mondialisme?

Éditorial du numéro 669 de la revue nationaliste sociale française Militant sur le rôle prépondérant que joue la Russe dans la lutte contre le mondialisme. Le site web de cette revue se trouve à l'adresse suivante: www.revue-militant.fr .
LA RUSSIE , PIERRE D’ACHOPPEMENT DU MONDIALISME ?

En 1991, la dislocation de l’ URSS faisait de la Russie, qui peu d’ années auparavant disputait aux États-Unis le rôle de puissance planétaire, une puissance secondaire. L’éclatement de l’empire russe soviétique transformait des frontières administratives en frontières d’États indépendants, laissant en dehors de la République de Russie plusieurs dizaines de millions de Russes, tandis qu’elle devenait la proie de prédateurs occidentaux et de boutiquiers sans scrupules connus depuis lors sous l’appellation d’oligarques. Pourtant, en 1999, l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine amorçait le redressement de la Russie qui, depuis lors reconquiert progressivement son statut naturel de grande puissance mondiale. Or cette politique irrita aussitôt les États-Unis dans la mesure où la Russie refusait de souscrire à leur projet de Nouvel Ordre mondial et de leur être de fait inféodée. Des révolutions « de couleur » furent fomentées tant en Biélorussie qu’ en Ukraine, en Géorgie et au Kirghizstan, sans grand succès. Le conflit s’ élargissait à l’international, notamment en Syrie où la diplomatie russe bloquait la poursuite de la déstabilisation du Proche-Orient commencée en 2003 en Irak.

Mais en février 2014, jouant sur la nature hétérogène et le caractère artificiel de l’actuel État ukrainien, les Etats-Unis concoctèrent le coup d’État de Maïdan par lequel leurs hommes liges accédèrent au pouvoir à Kiev. Toutefois, par leurs maladresses provocatrices, aggravées par la haine – peut-être compréhensible mais contre productive par nature – que des Ukrainiens de l’ Ouest nourrissent envers Moscou, s’aliénèrent les populations russophones qui, légitimement résistèrent à l’agression dont elles étaient victimes. Il n’en f allait pas plus pour déclencher l’actuel conflit du Donbass assorti de « sanctions » occidentales qui, s’il sert les desseins d’un Oncle Sam en déclin en réactivant la division de l’Europe, est dommageable à l’unité dont le Monde blanc a besoin pour faire face aux défis posés par le réveil des autres civilisations. Et la stabilité en Europe passera inévitablement par une révision raisonnée de certaines frontières, véritable gageure il est vrai dans le contexte actuel. Ajoutons que l’ assassinat de Boris Nemtsov vient « à point » pour tenter de déstabiliser la Russie à la manière de ce qui s’est passé à Kiev en 2001, nombre de propos codés le laissant entendre.

Toutefois, au delà d’un conflit ayant pour enjeu le maintien des Etats-Unis comme seule puissance planétaire, mais aussi, de plus en plus, l’affirmation d’une Allemagne retrouvée en Europe centrale notamment, la nouvelle opposition entre la Russie et l’Occident voulue par ce dernier est, plus encore, un conflit entre deux modèles de société et de civilisation. Deux conceptions s’opposent : d’un côté, la Russie qui fonde son avenir sur sa tradition millénaire dont l’orthodoxie chrétienne ; de l’autre les États-Unis et l’ U.E. qui veulent imposer un ordre social subverti, constructiviste, amoral, posant comme principe que l’artificiel conçu par l’ homme est substituable au réel.

La Russie privilégie sainement le renouvellement endogène des générations alors que l’ Occident vise au remplacement des populations blanches par l’immigration, niant le rôle vital de la spécificité ethnique et culturelle, les hommes étant posés comme interchangeables. C’est ainsi que la Russie combat l’inversion et la perversion des mœurs illustrées par le « mariage » des paires homosexuelles, la théorie du genre, idées prônées par l’ Occident et présentées par lui comme étant la nouvelle norme obligatoire. A vrai dire, la Russie, qui pendant 70 ans, fut le siège de la subversion mondiale et d’ un régime criminel dont elle fut la première victime, s’ affirme comme l’ancrage actuel de notre civilisation millénaire, tandis que l’Occident devient synonyme de barbarie. Il est tenu par une classe dirigeante maîtrisant les pouvoirs économique, médiatique et politique qui sous les apparences de classes politiques nationales est en réalité dénationalisée, trahissant et détruisant les peuples dont elle est sensée être issue mais dont elle est le premier ennemi. Cette « superclasse mondiale » est un gouvernement d’occupation, avec ses « idiots utiles » dont les peuples d’ Europe doivent se délivrer pour tout simplement subsister.

Au XXe siècle, l’Europe a vu s’ effondrer les derniers pans de son ordre traditionnel millénaire avec la disparition notamment de l’empire austro-hongrois suivi de la victoire d’idéologies matérialistes, issues des « Lumières », nourries d’une dimension anthropocentrique par laquelle l’homme, s’identifiant à Dieu, a cru pouvoir faire ce que bon lui semblait. Entre temps, une réaction venue des tréfonds des peuples, dans l’ urgence, à savoir les « fascismes », a échoué. Or , depuis 1991 ,alors que libéralisme apatride et maçonnique triomphent, que l’ argent roi et la spéculation volent les peuples au profit d’une minorité transnationale, voilà qu’un peuple lui oppose une politique fondée sur la tradition et l’intérêt national. Les pseudo élites occidentales, prisonnières de schémas de pensée matérialistes, ne comprennent plus.

Il ne s’ agit pas d’idéaliser la Russie ; la corruption y est endémique. Des puissances mafieuses menacent et la mentalité d’une partie de l’ élite est infectée par l’Occident et a partie liée avec les intérêts des apatrides occidentaux et israéliens, ce qui menace toute politique de construction d’ un modèle proprement russe. Les défis (économique, démographique) à relever sont loin d’ être gagnés. Cependant, sous ces graves réserves, elle est aujourd’hui l’ un des rares pays d’Europe à afficher une volonté d’assurer l’avenir en continuité avec son passé millénaire.

Pour cette raison, fidèles à leur doctrine, les nationalistes qui jadis ont combattu la Russie communiste parce qu’ elle menaçait la civilisation européenne, doivent aujourd’hui soutenir la Russie de Vladimir Poutine. Pour cela, il leur faut combattre les mensonges et la propagande qui façonnent l’opinion publique dans l’ U.E. et la fourvoient, mais aussi travailler à instaurer des Etats nationalistes, c’est-à-dire des États fondés tout simplement sur la politique naturelle, à savoir des régimes qui unissent les générations passées, les présentes et celles à naître et veulent une politique de sauvegarde de la civilisation européenne par l’établissement d’ une Europe des patries aux forces équilibrées.

En Occident s’établit insidieusement une dictature sourde faite d’une inflation de lois liberticides, chaque jour renforcées. Aux États-Unis, le « 11 septembre » a justifié le vote du Patriot Act, modèle du genre, copiée dans le monde occidental. En France,l’affaire Charlie Hebdo de janvier 201 5 sert d’alibi à une classe politique des plus méprisables et nuisibles qui soit pour mettre les Français sous contrôle, les désarmer mentalement avec cet acide intellectuel qu’ est l’antiracisme estampillé par le CRIF , tandis que le laïcisme maçonnique vise à déraciner et lobotomiser les jeunes générations et que Manuel Valls affirme, dans sa haine aveugle de notre civilisation, que son ennemi principal est « l’ extrême droite », ce qui, dans son langage, désigne les Français non reniés que sont les nationalistes. Mais l’ordre (ou le désordre) occidental est plus fragile qu’on ne l’imagine : la crise financière de 2007, calmée à coups de milliards virtuels, va resurgir tôt ou tard, aggravée. Le golem islamique fabriqué par les mondialistes soudera moins les peuples d’ Europe qu’il ne fera éclater des sociétés déstabilisées par un multiculturalisme d’importation. Le travail des nationalistes est aujourd’hui culturel et spirituel au premier chef. C’est par la révolution des cœurs et des âmes que la subversion mondialiste pourra être combattue victorieusement.
Éditorial de MILITANT.

lundi 13 juillet 2015

Vers la démocratie dictatoriale

Voici une analyse d'André Gandillon, directeur de la revue nationaliste sociale française Militant, du tristement célèbre Patriot Act américain qui confère des pouvoirs de surveillance énormes à l'État et qui menace sérieusement les droits et libertés au nom de la lutte au terrorisme. Le site web de la revue Militant se trouve à l'adresse suivante: http://www.revue-militant.fr/.

VERS LA DÉMOCRATIE DICTATORIALE

Les événements du 11 septembre 2001 à New York ont été à l'origine d'un processus de dérive totalitaire aux Etats-Unis qui s'aggrave au fil des ans. Il importe d'en faire le point, d'autant plus que d’autres pays ont suivi l’exemple des Etats-Unis, comme la France avec la Loi sur la Sécurité Quotidienne et que  progressivement des lois multiples s'en prennent aux "libertés numériques".

Une loi d'exception
Les premières entorses aux droits constitutionnels des Américains datent des années 1990, à la suite du premier attentat contre le World Trade center en 1993 et de celui qui a détruit le bureau Fédéral d'Oklahoma City en 1995 : le Congrès avait alors voté l"Antiterrorism and Effective Death Penalty Act (ou AEDPA) le 24 avril 1996, altérant les garanties liées à l'habeas Corpus. 
A la faveur de l'émotion provoquée par les attentats du 11 septembre 2001 à New York, George Bush, alors président des Etats-Unis a fait adopter des lois d'exception, notamment le Patriot Act, adopté à la quasi unanimité des membres du Congrès et signé le 26 octobre 2001 dont la validité était initialement prévue pour quatre ans. Quelles sont les principales dispositions de cette loi, qualifiée "d'arme guidée au laser " par le Ministre de la justice d'alors, John Ashcroft, et objet de vives critiques dès sa publication car elle empiète sur les libertés individuelles,.
Cette loi antiterroriste contient des dispositions inquiétantes en matière de surveillance sur le Net et autorise notamment la mise sur écoute de tout appareil de communication utilisé par toute personne en rapport, de près ou de loin, avec un présumé terroriste. La loi confirme l’autorisation accordée au FBI d’installer un logiciel de surveillance, nommé Carnivore afin d’épier la circulation des messages électroniques et de conserver les traces de la navigation sur le Web de toute personne suspectée de contact avec une puissance étrangère. Pour ce faire, seul l’aval d’une juridiction spéciale, dont les activités sont confidentielles, est nécessaire.

Des dispositions sans cesse renforcées
Fin novembre 2003, avec le Patriot Act II, précédemment le Domestic Security Enhancement Act, le Congrès a encore accru les pouvoirs du FBI.
Un nouvel amendement facilite l’utilisation des National Security Letters (LSN), qui permettent à l’agence fédérale de requérir de FAI ou de sites Web des informations personnelles sur les internautes, sans aucun contrôle judiciaire.
Le nouveau texte supprime notamment l’obligation pour le FBI de soumettre chaque année au Congrès un rapport sur l’utilisation de ces NSL.
Les sénateurs, lors du vote de l’amendement ont souligné que l’extension du recours à ce type d’ordre administratif remet en question l’équilibre des pouvoirs au sein des institutions américaines.
Il peut aussi retirer aux américains leur citoyenneté s’ils sont soupçonnés d'aider toute organisation qui a été étiquetée comme "terroriste" même sans qu'ils le sachent. En janvier 2004, le Président Bush a demandé au Congrès de rendre permanent le Patriot Act alors que celui-ci devenait caduc en 2005.
Les associations de défense de libertés individuelles ont évidemment dénoncé cette démarche insistant sur les dérives auxquelles a déjà donné lieu cette loi provisoire.
Mais, fait aggravant, cette loi liberticide sert de modèle international pour d'autres Etats qu'i s'empressent d’adopter des lois similaires, tandis que Washington se targue d’être le héraut de la liberté d’expression sur Internet, lançant de nouveaux programmes pour lutter contre la censure au niveau mondial (Global Internet Freedom Act, juin 2003 a pour objectif de lutter contre la censure de l’Internet mise en place par des régimes répressifs comme la Chine, elle prévoit la création d’un bureau de la liberté de l’Internet (Office of Global Internet Freedom). L'objectif est clair : il s'agit d'affaiblir les ennemis tout en renforçant ses propres défenses.
Depuis le 11 septembre, des bases de données contenant des informations sur des dizaines de milliers de citoyens ordinaires ont été récupérées par des agents fédéraux désireux de collecter le moindres informations susceptible de les aider dans la lutte contre le terrorisme (listes supermarché, listings de voyages, plongeurs sous-marins de San Francisco et même des informations issues de bases de données publiques !
Il semble qu’aucune activité ne soit exclue du champ d’investigation de l’Etat Américain dans une atmosphère où la sécurité est devenue prioritaire. Car même si aucune limitation n’est explicite, la peur des représailles aurait un effet inhibant sur les comportements publics. Pour sa part, le FBI a forcé l’ACLU (American Civil Liberties Union ou Union américaine pour les libertés civiles) à censurer un paragraphe sur son site qui indiquait quelles informations le FBI est autorisé à exiger sous le couvert du Patriot Act !

Une loi anti constitutionnelle
Le Patriot Act contourne le contrôle judiciaire et réduit les protections en matière criminelle. Les droits constitutionnels suivants sont susceptibles d’être violés :
1er amendement : liberté de religion, de parole, de réunion et de la presse.
4ème amendement : droit de ne pas subir des recherches et des saisies déraisonnables.
5ème amendement : nul individu ne peut être privé de sa vie, de sa liberté ou de ses biens sans un procès équitable.
6ème amendement : droit à un procès public rapide par un jury impartial, le droit d’être informé des éléments de l’accusation, le droit de confronter les témoins et d’assistance juridique.
8ème amendement : pas de détention arbitraire ou cruelle ni de condamnation exceptionnelle.
14ème amendement : tous les individus (citoyens américains ou non) résidant aux EU ont droit à un procès équitable et une égale protection par la loi.
Le critère de la "probable cause of crime" disparaît : le FBI disposait déjà d’un grand pouvoir en matière de surveillance des communications sur Internet et le téléphone, notamment en cas de crimes impliqués dans une attaque terroriste : désormais, ces écoutes peuvent avoir lieu pour n'importe quel crimes.
L’article 218 du Patriot Act amende le FISA (America's Foreign Intelligence Surveillance Act), signé par en octobre 1978 Jimmy Carter, qui établit les procédures à suivre en matière de surveillance électronique dans les affaires d'espionnage) afin que le FBI puisse secrètement conduire des recherches physiques ou sur écoutes afin de prouver l’existence d’un crime et ce même sans urgence : cette disposition s’applique même aux citoyens américains.
L’article 215 donne autorisation aux agents du FBI à obtenir à travers tout les pays un order de la cour FISA ou de tout juge fédéral, et permettant d’obtenir des informations en rapport avec la lutte contre le terrorisme ou contre les activités clandestines : informations très sensibles peuvent être collectées (dossier médical, santé mentale, docs financiers, vidéos louées, empreintes, échantillons ADN à partir de cheveux, contrats de travail, drogues, données d’immigration).
Le juge n’exerce plus aucun pouvoir discrétionnaire : il doit délivrer cet "order" sur présentation par le FBI d’une demande affirmant que ces enregistrements sont collectés dans un but d’enquête contre le terrorisme international.
Selon l'article 216, le juge doit délivrer l’"order" dès réception de l’attestation même s’il n’est pas d’accord et qu’il est certain que les agents ne trouveront pas d’informations pertinentes : le juge n’est alors plus le protecteur des la vie privée.

La vie privée menacée
La législation courante, jusqu'à 2001, établissait (Arrêts Schenck v. US (1919) et Abrams v. US (1919) que la liberté d’expression peut uniquement être punie si elle représente un " danger actuel et clair " imminent. En 1969 dans Brandenberg v. Ohio, la Cour Suprême a précisé que la liberté d’expression ne peut être empêchée que si elle est intentionnellement et vraisemblablement source d’attaque imminente illégale à l’ordre social.
Aujourd'hui, au nom de la lutte contre le terrorisme, l’administration peut désormais conduire des opérations en secret, réprimer des délits d’opinion, placer sous surveillance des citoyens même lorsqu’il n’y a pas d’éléments permettant de soupçonner une activité criminelle, recueillir des informations sensibles sur la vie privée des citoyens et des étrangers résidant aux Etats-Unis.
La loi des droits civiques (Bill of Rights) en est la dernière victime : Le vice-président Richard Cheney a annoncé la couleur, en déclarant peu après le 11 septembre 2001 : "Beaucoup de mesures que nous avons été obligés de prendre deviendront permanentes dans la vie américaine, elle feront partie d’une nouvelle normalité". Les Etats-Unis ne se considèrent plus liés aux principes qui ont longtemps constitué leurs fondements Cette loi a ressuscité le délit d’association et elle a créé une cour spéciale ayant accès à des informations classifiées (secret défense) pour déporter des étrangers suspectés de terrorisme. Et surtout elle a supprimé la loi – qui n’avait que quelques années de vie – interdisant au FBI d’enquêter sur les activités concernant le premier amendement (liberté d’expression, association politique, religieuse et de presse).
Par ailleurs, le 15 juillet 2002, la Chambre des représentants a adopté le Cyber Security enhancement Act dont le texte avait été rédigé avant le 11 septembre mais adopté dans le prolongement du Patriot Act. Parmi ses dispositions citons celle-ci : toute personne qualifiée de "hacker" (pirate informatique) qui met en danger sciemment ou "par imprudence", la vie d’autres personnes par l’usage d’un ordinateur peut être emprisonnée à vie.
Le renouvellement du Patriot Act a permis d’inscrire dans la durée des mesures qui, lors de leur première adoption en 2001, furent justifiées par une situation d’urgence. Les dispositions d’exception prises par le gouvernement états-unien, après les attentats du 11 septembre 2001, se fondent sur le vote du Congrès stipulant "que le Président est autorisé à utiliser toutes les forces nécessaires et appropriées contre les nations, organisations ou personnes qui ont planifiés, autorisés, commis ou aidés les attaques terroristes survenues le 11 septembre 2001....". C’est ainsi que le Patriot Act autorise l’incarcération, sans procès ni inculpation, pour une durée indéterminée d’étrangers soupçonnés de terrorisme, tout en installant une surveillance généralisée de la population. Certaines de ces mesures de contrôle sont permanentes, d’autres furent votées pour une période de quatre ans. Ces dernières, contenues dans 16 articles, venaient à expiration fin 2005. Pour pouvoir être prolongées, elles devaient faire l’objet d’un vote des deux Chambres autorisant leur réinstallation.
Ce n'est pas tout. L’article 215 du Patriot Act autorise le Bureau fédéral d’investigation (FBI) à utiliser certaines clauses dérogatoires qui rendent l’application du quatrième amendement de la Constitution pratiquement inapplicable. Les agents fédéraux peuvent saisir, sans motif ou preuves valables, des archives contenants des renseignements personnels dans les bibliothèques, les hôpitaux, les banques, les universités et même les entreprises. Cela inclut des opérations de profilage à partir de certains critères tels la religion, l’appartenance ethnique, les lectures d’une personne ainsi que les sites Internet qu’elle visite. Depuis quand le lecteur d’un roman policier est-il vu comme un criminel en devenir? En quoi un citoyen qui emprunte quelques ouvrages sur Al-Qaeda, pour sa culture personnelle, est-il un membre potentiel de ce réseau terroriste? Il n’existe aucun lien direct entre les activités intellectuelles d’une personne et ses actions. Comme les lois liberticides françaises (loi Pleven, Loi Gayssot), le droit subit une régression dans la emsure où l'on ne juge pas sur les faits mais sur les intentions.
En 2002, le président Bush a signé un ordre exécutif qui autorise la National Security Agency (NSA) à mettre sous écoute toute personne qui réside aux États-Unis sans contrôle judiciaire. L’ordre peut être donné par le ministère de la Justice et il n’est pas nécessaire de présenter une quelconque preuve de lien avec le terrorisme. Ainsi, le FBI a pleine autorité pour rassembler une quantité astronomique de renseignements à partir des communications téléphoniques ou numériques qui entrent et sortent du pays. C'est d'ailleurs une faiblesse car trop d'informations tue l'information.
Barak Obama en rajoute
Or, le Patriot Act a été déjà renouvelé à deux reprises : une première fois le 9 mars 2006, à la suite – reconnaissons-le – d'âpres discussions au Congrès -  avec le paraphe de George Bush ; une deuxième fois, le 26 mai 2011 sous la signature de Barack Obama, la prorogation étant valable jusqu'en juin 2015. Ainsi, dix ans après l'adoption de cette législation d'exception, Barack Obama ne l'a pas abrogée. Mais, plus encore, il l'a renforcée, au motif de combattre le terrorisme, transformant progressivement les Etats-Unis en un Etat policier. En effet, le 31 décembre 2011, alors que l'attention des gens est traditionnellement relâchée, il signait le NDAA (National Defense Authorization Act for Fiscal Year 2012) laissant entendre dans ses articles 1031 et 1032 qu’il est désormais permis de détenir, sans procès ni imitation de durée, tout citoyen américain suspecté d’avoir collaboré avec des individus ou groupes perçus (identified as) comme terroristes.
La nouveauté de ces dispositions est que tout citoyen américain soupçonné à tort ou à raison d'activité terroriste pourra être interné dans des prisons comme Guantanamo. Etant donné la définition extrêmement souple de “terroriste” (tout ce que peut s’associer, de près ou de loin, avec Al-Qaïda et le 11 septembre) et l’absence de possibilité de défense, cela veut dire en fait absolument n’importe qui associé de près ou de loin à un mouvement contestataire. Les Etats-Unis en sont presque là où était l’URSS avec le KGB, l’Allemagne de l’Est avec la Stasi : un Etat policier totalitaire.
Les textes du NDAA sont suffisamment imprécis pour laisser libre cours à l'arbitraire tout en paraissant anodins. Ainsi, lorsqu'un citoyen américain est pris en flagrant délit d'aide à l'ennemi, il relève des lois de sécurité traditionnelles relatives à la trahison. Mais si un citoyen américain est simplement soupçonné de collaboration avec l'ennemi, il ne dépend plus nécessairement de la justice civile mais peut relever directement de la justice militaire avec tout l'arbitraire qui en découle. Il est donc clair que ce genre de disposition peut être utilisé de manière discrétionnaire contre toute personne qui serait considérée comme gênante pour le régime en place. Nous pouvons mesurer les conséquences infinies d'un texte apparemment anodin, destiné apparemment à la seule sécurité publique. Lorsque l'on connaît l'arbitraire relatif aux décisions d'internement à Guantanamo, il est facile de penser que le pire n'est pas à exclure. Les inquiétudes peuvent être accrues lorsque l'on sait qu'une autre loi l'Enemy Expatriation Act, se trouve en attente de vote au Congrès depuis janvier 2012 : elle prévoit en effet de dépouiller de sa nationalité américaine tout citoyen  accusé (sans être nécessairement jugé) de collaboration avec l’”ennemi”!
Certes, les réactions sont nombreuses face à ces dispositions qui vont clairement à l'encontre des règles édictées par la Constitution de 1787. Mais la dérive sécuritaire est elle que rien ne semble actuellement en mesure de l'arrêter.
Le danger de cette évolution consiste en ce qu'il est possible d'emprisonner les gens sans limites et hors de tout contrôle judiciaire, supprimant ainsi toutes garanties minimales de justice et de droit pour tout un chacun.
 Il est compréhensible qu'en période de guerre des mesures d'exception puissent être prises. Mais, dans le contexte actuel, il est clair que ces mesures peuvent viser aussi bien de véritables terroristes, tels des commandos islamistes, faisant courir des dangers réels à la population, que toute personne ou groupe de personne qui, par ses idées et ses actions politiques est considéré comme constituant un danger pour le pouvoir en place dont nous savons qu'il est avant tout au service de coteries et de cercles de pensées dont les intérêts ne concordent pas avec ceux du Monde blanc.
La nature totalitaire de ces textes apparaît plus clairement encore lorsque l'on considère la politique laxiste, en dépit des paroles et des effets de manches, relative à l'immigration et à l'acceptation de populations dont la culture, la civilisation et les intentions sont autres que celles propres au génie culturel des fondateurs des Etats-Unis et même parfois contraires. Il en est de même en Europe occidentale où les gouvernants, à la suite des Etats-Unis, mènent une politique de trahison en ouvrant grandes les portes de l'immigration inassimilable tandis qu'ils envoient des troupes à des milliers de kilomètres de l'Europe s'immiscer dans les affaires intérieures d'autres peuples et d'autres Etats souverains. 

André GANDILLON

mercredi 3 juin 2015

Ça ne peut plus continuer comme ça

Un autre article du journaliste et auteur Richard Lahaie qui a été publié sur le site indépendantiste www.vigile.net . L'article original se trouve sur le lien suivant: http://vigile.net/Ca-ne-peut-plus-continuer-comme-ca .

Ça ne peut plus continuer comme ça

Si les analyses politiques sur la pauvreté n’ont pas beaucoup d’intérêt dans la population s’explique sans doute par l’amélioration du niveau de vie général qui est aujourd’hui certainement plus élevé qu’au début du 20e siècle. La réduction du temps de travail, l’augmentation des salaires, l’accessibilité à davantage de confort, traduisent une élévation du niveau de vie. Ce phénomène qui n’est pas dû à un virement altruiste des capitalistes, mais plutôt à la volonté de ces derniers de créer un marché de consommation plus grand. Les discours politiques dénonçant l’exploitation économique ont perdu l’attention des travailleurs qui se sont endormis face à cette situation.

Les bandits des marchés financiers comme Standard & Poor’s, Moody’s ou Fitch semblent de plus en plus puissants. Ils imposent leurs lois, leurs méthodes, leur langue, leur absence de morale. Partout, ils sont les maîtres dans nos entreprises, dans nos commerces et dans nos quartiers. Ils mesurent notre temps et contrôlent nos déplacements. Au travail, ils nous évaluent, augmentent nos cadences de travail et nos rendements. Ils comptabilisent et chiffrent tout. Ils décident des taux d’emprunt, peuvent nous ruiner du jour au lendemain. Ils nous oblige à quitter notre maison, à nous congédier par milliers et à nous jeter à la rue. Ils ont droit de vie et de mort sur des régions entières. Ils exigent que la population se serre la ceinture. Mais que fait le premier ministre ? Le gouvernement doit agir ! Hé oui, il agit. Il collabore avec nos exploiteurs. Ce n’est pas le peuple qui est au pouvoir, ce sont les grosses fortunes. Ils font et défont, sans même s’en cacher, les gouvernements en Grèce, en Italie ou ailleurs. En pleine révolution tunisienne, l’agence de notation Moody’s baissait la note du pays arguant l’instabilité politique et sociale. Un bon dictateur y a rien de mieux pour maintenir ou augmenter le taux de profit, quitte à verser des larmes de crocodile quand les morts jonchent les rues.

Les élections sont pour bientôt. Nous élirons un autre premier ministre, de gauche cette fois ! Pourtant, au fond de vous, vous savez que cela ne changera rien, mais quand même, vous vous dîtes que ce sera un peu moins pire. Demandez aux Grecs, aux Espagnols, aux Irlandais, aux Hongrois s’ils ont le sentiment que ça a été « moins pire » avec les socialistes ! Tous pourris, à gauche comme à droite !

On nous dit que nous plaçons quelqu’un « à la tête de l’État ». Mais cet État sert les intérêts des banquiers, des financiers, des gros actionnaires. Il préserve les milliardaires de l’impôt et augmente la TVQ. Cet État démoli les services publics en dégradant l’école par de multiples réformes, privatise en douce la santé et brade les ressources naturelles avec son Plan Nord. Cet État maintient les inégalités en enrichissant les riches et en appauvrissant les pauvres. Ce ne sont pas nos intérêts qu’il défend.

Richard Lahaie

mardi 21 avril 2015

Esclaves de tous les pays unissez-vous!

Article publié par l'auteur et journaliste Richard Lahaie sur le site www.vigile.net. Il date de 2011 mais demeure toujours pertinent sur les aberrations de notre système parlementaire. L'article original se trouve sur le lien suivant: http://vigile.net/Esclaves-de-tous-les-pays-unissez .


Esclaves de tous les pays unissez-vous !


Richard LAHAIE 



En cette rentrée scolaire, il est d’actualité de se poser des questions sur la démocratie parlementaire. Malgré les beaux discours des biens pensants de notre société, le système parlementaire n’incarne pas la liberté, puisque la gestion de la société est confiée à des individus, qui une fois les élections passées, ont carte blanche pour faire ce qu’ils veulent. De plus, lorsqu’un gouvernement est désavoué par 75% de la population comme le gouvernement Charest et qu’il impose une augmentation des frais de scolarité malgré la désapprobation générale de la population, c’est faire fi de la justice sociale. D’autant plus que ce gouvernement n’a pas été élu par la majorité de la population.
En réalité, la démocratie parlementaire n’est pas une « démocratie » au sens propre du terme (pouvoir du peuple), mais une oligarchie. Car dans ce système, il suffit d’obtenir la majorité des sièges pour qu’une minorité de personnes (les élus) gèrent la société selon leur plateforme électorale et non selon la volonté de la majorité des électeurs. Ce système n’a jamais éliminé les inégalités sociales, l’exploitation économique et les rapports de domination dans la société. Non seulement, il ne les a jamais supprimés, mais il les a entretenus. À qui profitent les diplômes universitaires si ce n’est pas aux employeurs ? Il serait donc tout naturel et raisonnable que la facture de la formation universitaire des étudiants soit payée par les employeurs ! Déjà pour les emplois non universitaires, les employeurs payent une formation en entreprise aux nouveaux employés. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les emplois demandant une formation universitaire ?
Or ce n’est pas le cas dans le système capitaliste, il met le fardeau économique sur le dos des étudiants. C’est l’esclave qui paye sa formation et ses outils de travail. L’État fait tout en son pouvoir pour préserver les intérêts des puissances économiques qui l’ont construit. Il est donc impossible qu’un jour les élections puissent changer l’ordre des choses. J’entends, depuis le dégel des frais de scolarité, la petite droite québécoise nous servir l’argument suivant : Les universités sont sous financées, les étudiants doivent faire leur part. Si les universités étaient réellement sous financées, elles ne se lanceraient pas dans des projets de construction pharaonique comme « l’îlot voyageur » pour l’Uqam ; les frais de changement de nom de la station de métro Longueuil et son campus moderne pour l’Université de Sherbrooke ; les nouveaux pavillons de Concordia et de l’Université de Montréal à Outremont. N’oublions pas la prime de départ du recteur de l’Université Laval. Si les universités étaient mieux gérées, les étudiants n’auraient pas à payer les pots cassés.
À chaque élection, on ne demande jamais aux électeurs le bien-fondé du gouvernement, mais sur les gens qui le composent. L’idée de gouvernement est ainsi agréée de fait et non discutable. La démocratie nous condamne à vivre sous son autorité. Le choix qu’elle nous offre est un faux choix. La population n’a plus le réflexe de protester et accepte l’inacceptable. Comme dans la télé série « Racine », l’esclave noir, Toby, tente à chaque occasion de s’évader. Puis lorsqu’il a eu des enfants en captivité, ceux-ci ne comprennent pas son désir de liberté. Car lorsque l’on a connu depuis son enfance l’esclavage, on ne peut pas imaginer facilement la liberté ! C’est la même chose pour la classe ouvrière et les pauvres, la mobilisation contre un système injuste est de moins en moins possible s’ils n’ont pas accès à une éducation post-secondaire. Plus ils sont instruits, plus ils développent leur sens critique et les journaux populistes n’ont plus d’influence sur leurs opinions. C’est pour ça que le gouvernement hausse les frais de scolarité, ça réduit l’accès aux études universitaires et tue la menace d’une société qui pense par elle-même. Autrefois, un secondaire 5 assurait un bon emploi. Aujourd’hui, un baccalauréat assure des paiements mensuels sur plusieurs années sans pour autant décrocher un emploi dans le domaine que l’on a étudié. Esclaves de tous les pays unissez-vous et questionnez la pertinence des gouvernements